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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Le président des évêques de France dans le sillage du pape François

5 Novembre 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Le président des évêques de France dans le sillage du pape François

Journal La Croix du 05-11-13

Avec cet article

Discours d'ouverture de l'Assemblée plénière de novembre 2013
Les évêques veulent parler « franchement » de la formation des prêtres

Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a ouvert mardi 5 novembre la session d’automne de l’Assemblée plénière des évêques qui se tient à Lourdes jusqu’au dimanche 10 novembre.

Pour son premier discours d’ouverture en tant que président de la Conférence des évêques de France (CEF), l’archevêque de Marseille s’est clairement situé dans le sillage du pape François qui recommande aux évêques « d’avoir une vie simple, personnellement et en Église, où la pauvreté choisie prend toute sa place ». « Il nous invite à la compassion, à la charité, à la miséricorde. Il remet au centre de notre contemplation le visage d’un Dieu qui s’est fait homme pour guérir et sauver, pour relever et embrasser, pour réconforter et panser les plaies diverses de la vie d’ici-bas », a-t-il poursuivi en citant le pape François qui, dans l’interview donnée aux revues jésuites en septembre, comparait l’Église à « un hôpital de campagne, après une bataille » qui a pour mission première de « soigner les blessures ».

Regarder la vie du monde « à partir des plus pauvres »

Mgr Pontier a également rappelé que « le discernement spirituel » est « l’acte » du ministère des évêques « le plus important et le plus délicat ». « Le pape François nous rappelle qu’il s’agit de sentir les choses du point de vue de Dieu », a-t-il expliqué avant de préciser qu’il s’agit de regarder de se laisser « décentrer » en regardant la vie du monde « à partir des plus pauvres, des petits des affligés » : « Regarder la vie du monde à partir d’eux, de leurs besoins, de leurs cris humanise, invite à faire des choix qui privilégient la fraternité, la justice et la solidarité. »

Sans jamais se détacher de son texte, le président de la CEF a ensuite évoqué plusieurs dossiers de l’actualité récente, en commençant par la question Rom. « Depuis plusieurs années nous ne voyons se dessiner aucune politique autre que celle de refuser au plus grand nombre un accueil réalisable et souhaité par beaucoup d’entre eux », a-t-il déploré, regrettant aussi que les expériences réussies d’intégration de ces populations scolaires ou dans l’habitat ne soient pas soutenues de manière durable : « Mais tout cela est vite interrompu par l’insuffisance des moyens que notre société accepte de mettre pour l’accompagnement de ceux qui se comportent de manière raisonnable et pacifique. »

Sans nier la « complexité de la question », il a dénoncé en des termes sévères l’impasse d’une politique de destruction des campements de Roms : « Détruire un bidonville peut certainement se justifier pour des raisons évidentes d’hygiène. Mais le détruire est-il plus urgent qu’abandonner, sans perspective, à une nouvelle errance ceux qui y avaient fait un refuge familial provisoire ». Il a également mis en garde contre les « propos haineux » et les « violences » subies par ces populations : « Quand on ne veut pas se faire frère des plus démunis, on les stigmatise puis on les éloigne et enfin on les ignore (…)°. Comment ne pas redouter que le sort fait à ces femmes, ces enfants, ces grands-parents, ces hommes se soit en fait trop influencé par des surenchères politiciennes locales ou nationales. »

inégalités entre riches et pauvres

Mgr Pontier a ensuite plus brièvement évoqué la précarité, source d’angoisse et d’inquiétude concernant l’avenir, que les évêques voient monter au cours de leurs visites pastorales dans un contexte où les inégalités entre riches et pauvres et entre pays augmentent. « C’est une injure faite aux plus démunis », a-t-il affirmé sans jamais hausser la voix, voyant dans ces évolutions une menace pour « la cohésion de nos sociétés et de la paix dans le monde » ? « Quand retrouverons-nous le sens minimum d’une fraternité et d’une solidarité réelles ? Quand d’arrêtera la course au toujours plus pour quelques-uns afin que chacun ait ce qu’il lui faut pour vivre ? », a-t-il interrogé avant d’exprimer ses encouragements à tous ceux, qui dans le cadre de leurs responsabilités politiques, syndicales, économiques, associatives, citoyennes « s’emploient à trouver les chemins d’une société plus juste ».

procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels ?

L’archevêque de Marseille a poursuivi en évoquant la situation des enfants et des personnes âgées en fin de vie dans la société française. « La stabilité des couples et ceux qui en sont les premières victimes sont les plus faibles : les enfants », a-t-il relevé, attribuant cette situation à un « manque » chez les adultes de la conscience de leurs responsabilités et à l’émergence d’une revendication à un droit à l’enfant. « Faut-il s’en remettre aux seules techniques pour vivre et traverser les limites de nos existences ? », a-t-il interrogé, sur fond de revendications des couples homosexuels de pouvoir accéder à la procréation médicalement assistée après avoir obtenu le droit de se marier. Un débat sur lequel Mgr Pontier n’est d’ailleurs pas revenu, sauf pour indiquer qu’« au printemps dernier, beaucoup de sont manifestés en faveur de la défense de la famille et des droits des enfants ».

pas de nouvelle législation sur la fin de vie

Évoquant les personnes âgées, Mgr Pontier s’est interrogé sur l’opportunité d’une nouvelle législation sur la fin de vie, estimant que la loi actuelle – la loi Leonetti – est largement suffisante : « Une loi sage et équilibrée a donné l’outil législatif nécessaire en ce domaine. Avant de légiférer encore, qu’on se demande si ce serait pour donner un signe plus grand de respect de la personne humaine, d’une solidarité avec elle ou bien celle d’un nouvel affaissement de nos solidarités familiales et sociales, exigeantes parfois, porteuses de fruits toujours.

les chrétiens d’orient

Avant de conclure son discours et de préciser le programme de cette session d’automne de l’Assemblée plénière (phénomène social de l’avortement, éducation des jeunes à l’affectivité, l’Europe a quelques mois des élections européennes, la diaconie après l’événement Diaconia 2013, la formation des prêtres…), le président de la CEF a évoqué la situation des chrétiens d’Orient. Il a exprimé la préoccupation et le soutien des évêques français : « Nous ne pouvons pas oublier que ces baptisés sont les descendants des premières communautés chrétiennes sur ces terres saintes. (…). Nous appuyons pleinement leurs souhaits : bénéficier d’une citoyenneté pleine et entière, d’une liberté de religion non discriminante et vivre dans des pays dont la constitution civile reconnaisse la pluralité de la population. »

Dominique Greiner, à Lourdes

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