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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Rapport du Secours Catholique: les plus pauvres de plus en plus éloignés de l'emploi

7 Novembre 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Journal LA CROIX du 07-11-13

REPÈRES

En 2012, le Secours catholique a accueilli 1,431 million de personnes

De plus en plus de couples avec enfants : en 2012, le Secours catholique a accueilli 1,431 million de personnes, dont 672 000 enfants. après la hausse régulière, depuis dix ans, du nombre de familles monoparentales, qui représentent 31 % des accueillis, c’est désormais « le nombre de couples avec enfants qui augmente »

(22,8 % des accompagnés), note le rapport. La part des étrangers (33 % des accueillis en 2012) ne cesse d’augmenter, tout comme celle des 50 ans et plus (25 %).

Un niveau de vie très bas :

sans surprise, 94 % des ménages rencontrés depuis dix ans vivent sous le seuil de pauvreté (977 € pour cette année-là). en 2012, le niveau de vie moyen des ménages était de 497 € par mois. Le niveau de vie des jeunes de 18 à 25 ans (364 €) et celui des étrangers (420 € pour ceux qui ont un statut, 290 € pour les autres) est encore plus faible. Les situations d’impayés liés aux dépenses contraintes touchent près de six personnes sur dix. en 2012, 43 % des personnes accueillies déclaraient des impayés de loyer et 24 % étaient à découvert.

Retrouvez le rapport du Secours catholique sur www.la-croix.com

Rapport du Secours catholique: les plus pauvres de plus en plus éloignés de l’emploi

Dans son rapport annuel, publié le 7 novembre, le Secours catholique constate que la situation des plus pauvres vis-à-vis de l’emploi ne cesse de se dégrader.

 

Avec la crise, la part des chômeurs parmi les personnes accueillies est en constante augmentation.

Tendance lourde, les chômeurs non indemnisés représentent désormais un accompagné sur quatre.

 

Comment faire pour s’en sortir ? Lancinante question. Licenciée pour inaptitude à la suite de douleurs à l’épaule en janvier 2012, Charlotte, 50 ans, ancienne responsable adjointe de supermarché, n’arrive plus à rebondir. « Avec mon problème d’épaule, je ne peux pas porter de charges lourdes, je ne peux donc pas me présenter à des postes comme caissière ou vendeuse, mais quand je postule pour des postes d’encadrants, même moins qualifiés que ce que je faisais avant, les employeurs me disent non merci ! Et je vois que, souvent, ils prennent des gens plus jeunes. »

 

Sans travail, pas de logement, et inversement

Il y a quelques mois, pourtant, cette Toulousaine volontaire, qui parle anglais, espagnol et italien, a cru tenir sa chance. « On m’a proposé un CDI dans une agence de change à Paris. Mais j’ai dû refuser car je n’ai personne pour m’héberger là-bas, et sans fiche de paie je n’ai aucune chance de trouver un logement. »

Travail, logement, argent… insoluble équation. Depuis que sa fille de 21 ans est partie de la maison, le logement de Charlotte à Toulouse est devenu trop grand. Et surtout beaucoup trop cher, avec son loyer de 885 €, alors qu’elle touche à peine 900 € d’allocation de chômage. Mais impossible, là encore, d’en trouver un autre sans fiche de paie… « Deux fois, déjà, j’ai reçu une aide de 150 € du Secours catholique, à chaque fois pour payer les rappels de charges. » Alors, bien sûr, Charlotte s’inquiète. D’autant plus qu’en mars 2014 elle n’aura plus droit au chômage.

 

Des indicateurs au rouge

Alors que 1,4 million de personnes sont accueillies par le Secours catholique en 2012, comme Charlotte, elles sont de plus en plus nombreuses à se heurter au mur de verre de l’emploi, constate l’association dans son rapport annuel, publié aujourd’hui. « Le gouffre entre l’emploi et les personnes pauvres s’est encore élargi », explique ainsi Bernard Thibaud, secrétaire général.

Et tous les indicateurs sont au rouge. D’abord, depuis 2008, crise oblige, la part des personnes en emploi parmi les accueillis décroît (18,4 % en 2012, contre 20 % en 2008). Et, quand il existe, cet emploi est de moins en moins de bonne qualité : 4,8 % des accompagnés seulement sont en CDI à plein-temps (contre 5,3 % en 2008). Par ailleurs, 5,3 % sont à temps partiel. Et seulement 0,7 % bénéficient d’un emploi aidé (contre 1 % en 2008, voire 2,2 % en 2003) alors que ces contrats sont censés viser d’abord les personnes les plus modestes.

« Au fil des années, précise Bernard Thibaud, on voit que le marché du travail devient de plus en plus inaccessible pour les plus précaires. » Ainsi, les « inactifs » (étudiants, retraités, personnes au foyer…) représentent 44,1 % des personnes accompagnées (contre 44,6 % en 2008) et la part des chômeurs dans les différents points d’accueil du Secours catholique progresse pour atteindre 37,5 % en 2012 (contre 35,4 % en 2008).

 

Une durée de chômage plus longue

Surtout, souligne Bernard Thibaud, « on observe une augmentation depuis dix ans de la part des chômeurs non indemnisés », qui représentent plus du quart des personnes accueillies (25,8 % en 2012, contre 22,7 % en 2008, et 21,6 % en 2003). Le plus souvent, ce sont des personnes qui n’ont pas assez cotisé (migrants sans droits au chômage, jeunes dont l’accès à l’emploi est trop récent, ou femmes qui se remettent sur le marché du travail après avoir élevé leurs enfants). Mais, désormais, 30,3 % de ces chômeurs non indemnisés sont des personnes qui ont épuisé leurs droits au chômage. « C’est le signe évident d’une durée de chômage plus longue », explique le Secours catholique, qui souligne que « 58 % des chômeurs non indemnisés le sont depuis plus d’un an ».

 

Henri, 59 ans, surendetté…

C’est le cas d’Henri. À 59 ans, ce Rennais, ex-employé licencié de son usine en 2011 après une dépression, est arrivé en fin de droits après trois ans de chômage et de multiples tentatives pour rebondir, dont une formation de neuf mois pour décrocher un CAP de gardien d’immeubles qui s’est révélée vaine. « J’ai eu des entretiens mais les recruteurs ne font pas confiance.ça devient vraiment compliqué de décrocher un travail. Même les jeunes n’en trouvent pas, alors moi, à mon âge… », raconte ce surendetté qui doit faire face, chaque mois, à de lourds remboursements de crédits.

Heureusement, grâce au Secours catholique, qui l’a orienté vers une association d’insertion, Henri vient de démarrer un emploi aidé. Un CDD de six mois, éventuellement renouvelable, pour lequel il touchera 810 € par mois. « Si tout va bien, avec l’allocation logement, je vais vivre avec 1 000 € par mois.ça va me soulager un petit peu mais pour combien de temps ? »

 

NATHALIE BIRCHEM

 

Rapport du Secours Catholique: les plus pauvres de plus en plus éloignés de l'emploi

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