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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Manif pour tous: vaste mobilisation en faveur de la famille

3 Février 2014 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Manif pour tous: vaste mobilisation en faveur de la famille

Journal La Croix du 2 février 2014

Vaste mobilisation à Lyon et Paris en faveur de la famille

Plus de 100 000 personnes ont défilé, dimanche 2 février, dans les rues de Paris et de Lyon, pour défendre les valeurs de la famille.

Organisés par « La manif pour tous », les deux cortèges ont exprimé leurs inquiétudes à propos de la PMA, de la GPA, mais aussi de la théorie du genre.

« Est-ce que Limoges est là, avec nous ? », s’exclame au micro, juché sur une camionnette, un jeune homme à la langue bien pendue. « Oui, on est là », répond timidement un petit groupe, manifestement venu de la cité de la porcelaine. Il est 14 heures, ce dimanche, avenue Bosquet, dans le centre de Paris. Et « Limoges » n’est pas venu seul à la « manif pour tous ». Trois quarts d’heure plus tôt, c’est un imposant cortège qui s’est élancé, sous le soleil, du carrefour faisant face à l’École militaire.

Dans la foule, beaucoup de drapeaux roses et bleus ou tricolores. Des sifflets, des cornes de brume et des pancartes pour défendre la famille. « Éduquer les enfants, c’est le rôle des parents », martèle une jeune fille sur la grande sono centrale. « Hollande, ta loi on n’en veut pas », scandent les manifestants, très remontés contre « Taubira et Peillon », ces ministres qui veulent « déconstruire les fondements de la famille ».

Entre 80 000 et 500 000 participants

De l’intérieur du cortège, difficile d’évaluer avec précision l’ampleur de la manifestation. Mais il y a beaucoup de monde, incontestablement. Les organisateurs avancent le chiffre de 500 000 à Paris, alors que la police parle de 80 000 manifestants.

Ce qui semble soulager Philippe Gaujard, maire de Fontenay-sur-Conie, une petite commune d’Eure-et-Loir. « Pour les précédentes manifs, on avait affrété un car. Mais là, on a senti qu’il y avait moins de mobilisation. On a donc pris la voiture », confie cet élu, ceint de son écharpe tricolore, bien décidé à combattre « tous ces projets du gouvernement qui dépassent l’entendement ».

Fidèle de la paroisse parisienne Saint-François-de-Sales, Hugues, retraité, accompagné de son épouse, fait valoir que l’enfant n’appartient « ni à l’école ni à l’État, mais à sa famille ». « Ce ne sont ni l’Église ni les politiques qui sont dans la rue mais des citoyens français responsables. Ils méritent d’être entendus », souligne-t-il.

la prétendue « théorie du genre » inquiète

Même voté, le mariage homosexuel reste au cœur des préoccupations. Tout comme la gestation pour autrui (GPA) et l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux célibataires. Ces derniers jours, le gouvernement a répété que ces deux dispositions ne feraient pas partie du futur projet de loi sur la famille. « Des mensonges », estime Antoine, 24 ans, venu du Calvados. « La parole du gouvernement est discréditée », ajoute Philippe Vaille-Brunet, un quinquagénaire d’Orléans.

« Dans le respect des règles et des lois, nous sommes venus dire que nous ne lâcherons pas », résume Louis-Georges, 42 ans, venu de Nantes avec sa belle-sœur et deux de ses cinq enfants. « Je suis personnellement concerné par un cas de GPA dans mon entourage, confie Benoît, 51 ans, père de quatre enfants et diacre à Rennes. Cet enfant conçu pour 120 000 dollars aux États-Unis, nous allons bien sûr l’accueillir, mais au prix de terribles divisions dans la famille ! »

Alors que les slogans sur l’avortement ou la fin de vie restent peu nombreux, les « ABCD de l’égalité », expérimentés dans dix académies, pour lutter contre les stéréotypes hommes-femmes, suscitent une profonde défiance. « La théorie du genre, ce n’est pas du tout ce que racontent les médias à la parole ficelée », souffle Bernadette, originaire de Loches (Indre-et-Loire). « Les enfants, qui ne sont pas très stables, ne sauront plus s’ils sont des filles ou de garçons. »

silence en passant devant l’Assemblée

Une inquiétude partagée par Eymen, 41 ans, juriste en droit social à Paris, venu avec sa fille Inès, 3 ans. « Je suis français, musulman, et je viens défendre les valeurs de la République », dit-il. Cette semaine, l’homme, marié à une enseignante, doit se rendre à une convocation à l’école maternelle de sa fille, qu’il n’a pas envoyée en classe plusieurs jours durant à la suite des rumeurs sur l’enseignement de la théorie du genre. « À cet âge, les enfants n’ont pas à réfléchir sur leur sexualité, se justifie-t-il. L’an prochain, nous l’inscrirons dans le privé pour garder la maîtrise de son éducation », confie-t-il.

Au cœur du cortège, l’ambiance est familiale et bon enfant. En arrivant aux Invalides, un organisateur invite la foule à rester silencieuse. « Pour montrer au gouvernement notre pacifisme », plaide-t-il. Une consigne globalement respectée, même si, devant le pont Alexandre‑III, une dame élégante se met à invectiver les CRS qui en barrent l’accès. « Vous n’êtes que des bouffons », s’énerve-t-elle sous le regard désapprobateur de ses voisins de cortège. « C’est contre-productif », s’agace une mère de famille.

Beaucoup, visiblement, souhaitent s’inscrire dans la modération prônée par les organisateurs. « Cela me blesse profondément qu’on nous présente comme un mouvement extrémiste. Alors que la seule chose qui m’anime, c’est le bien-être des enfants », confie Guillaume Delas, venu du Loiret avec quatre de ses cinq enfants.

toutes les questions éthiques sont abordées dans le défilé de Lyon

Manifester, oui, mais « pacifiquement ». Tel est aussi le mot d’ordre que lance, à quelques centaines kilomètres de là, un animateur de la « manif pour tous » dans les haut-parleurs dressés place Bellecour, à Lyon. Sur les écrans défilent les clips dénonçant la théorie du genre.

« À la bibliothèque, un livre s’intitule Jean a deux mamans, condamne Marie-Xavière, hostile aux “ABCD de l’égalité”. Je suis la première éducatrice de mes enfants. J’ai parfois le sentiment d’avoir à faire à un régime totalitaire. » Le mot, très fort, témoigne d’une colère grandissante. Pour autant, Roch, son mari, militaire, n’envisage pas d’autres modalités de mobilisation. « Porter un message pacifiquement est bien plus efficace, dit-il. Mais si la répression de la mobilisation monte d’un cran, peut-être faudra-t-il nous adapter… »

Malgré sa crainte de manœuvres de « déstabilisation », Agnès, venue de Nice, a tenu à rejoindre la foule brandissant des drapeaux tricolores (entre 20 000 manifestants, selon la police et 40 000, selon les organisateurs). « Théorie du genre, GPA, PMA, modification de la loi sur l’avortement, euthanasie », elle a tant de raisons de défiler. « J’ai accompagné la fin de vie de mon père, la loi Leonetti est très bien faite, pourquoi y toucher ? », s’interroge-t-elle également.

des idées « caricaturées »

« Ce sont des questions très intimes, qui touchent à notre chair », explique-t-elle. Ce matin, Agnès a jetté un coup d’œil aux « unes » des journaux. « La Provence parle de nous comme de “radicaux” », s’attriste-t-elle, fatiguée de voir ses idées « caricaturées ».

La plupart des manifestants sont mobilisés « depuis novembre 2012 », comme Philippe, venu du Var avec son épouse Brigitte. Non pas pour « obtenir un résultat tangible, mais pour témoigner dans la rue d’une autre conception de l’homme. En cela, nous avons déjà gagné. »

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Ils ont soutenu la « Manif pour tous »

Dans les deux cortèges, plusieurs dizaines d’élus manifestaient revêtus de leur écharpe tricolore. Parmi eux, les députés UMP Claude Goasguen, Philippe Gosselin, Jean-Frédéric Poisson ou Hervé Mariton, ainsi que la députée FN Marion Maréchal-Le Pen. Henri Guaino est venu « soutenir les manifestants » sans pour autant défiler.

Les jours précédents, d’autres élus avaient apporté leur soutien au rassemblement comme Jérôme Lambert, député PS de Charente, les élus UDI Jean-Christophe Fromantin et Charles de Courson, les élus UMP Valérie Boyer et Laurent Wauquiez.

Du côté des religieux, à Lyon, Azzedine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée, ont manifesté aux côtés du cardinal Philippe Barbarin. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, avait estimé samedi « normal que des gens expriment ce qu’ils pensent » face à « des questions particulièrement graves comme la PMA ou la GPA », tout en appelant à « des manifestations pacifiques ».

PIERRE BIENVAULT, SAMUEL LIEVEN (à Paris) et BéNéVENT TOSSERI (à Lyon)

Journal La Croix du 03 février 2014

Les réactions politiques au lendemain de la « Manif pour tous »

Après la vaste mobilisation à Lyon et à Paris, dimanche 2 février, la gauche défend sa ligne politique alors que la droite appelle à entendre les inquiétudes.

Le gouvernement « s’opposera à des amendements parlementaires » sur la gestation pour autrui (GPA) et la procréation médicalement assistée (PMA) lors de l’examen du projet de loi sur la famille. Ce matin sur RTL, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur a tenté de répondre aux inquiétudes des manifestants qui sont descendus dans la rue à Lyon et à Paris à l’appel de la « Manif pour tous » après avoir eu, dimanche dans le « Journal du dimanche », des mots très durs à l’encontre de ce qu’il a appelé « une droite conservatrice et réactionnaire ».

Manuel Valls et Bruno Le Roux s’opposent sur la PMA et la GPA

Matignon a également confirmé que le gouvernement s'opposerait à d'éventuels amendements parlementaires sur la gestation pour autrui (GPA) et la procréation médicale assistée (PMA) lors de l'examen du projet de loi sur la famille. « Nous confirmons que le gouvernement s'opposera à d'éventuels amendements visant à légaliser en France la PMA et la GPA », a-t-on indiqué dans l'entourage du Premier ministre, précisant que le calendrier du projet de loi sur la famille n'était « pas arrêté ».

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, affirmait lui, sur LCI et Radio Classique, ne renoncer « à aucune ouverture de nouveaux droits pour les enfants ». Il a également demandé à Manuel Valls de respecter « la règle du jeu que nous nous sommes fixée », c’est-à-dire d’attendre l’avis du Comité national d’éthique.

La droite et l’extrême droite divisées face à la « Manif pour tous »

À droite non plus, l’attitude à adopter face aux manifestants ne fait pas consensus. Si certains représentants de l’UMP ont manifesté dimanche, comme les députés Henri Guaino et Hervé Mariton, beaucoup avaient choisi de ne pas se montrer dans le défilé.

Au Front national, Marion-Maréchal Le Pen, députée du Vaucluse, a elle aussi battu le pavé mais Marine Le Pen, la présidente du parti frontiste, s’était gardée d’appeler ses partisans à rejoindre le cortège.

Pour Jean-François Copé : « La prochaine grande manifestation sera l’élection municipale »

Jean-François Copé, le président de l’UMP, qui avait décidé de ne pas se joindre aux cortèges, voit dans ces manifestations « un très profond malaise par rapport à la question de la famille » qui doit se traduire dans les urnes. « La prochaine grande manifestation sera l’élection municipale, l’occasion pour les Français de dire stop à François Hollande », a-t-il affirmé.

De son côté Jérôme Lavrilleux, tête de liste de l’UMP pour les élections européennes dans le Nord-Ouest, a estimé lundi que l’UMP était « le débouché principal » des revendications portées par les manifestants de la « Manif pour tous ».

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