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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Benoît XVI précise les contours d'une juste théologie catholique

8 Décembre 2012 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #Réflexions

S’exprimant le 7 décembre devant les membres de la commission théologique internationale, Benoît XVI a développé plusieurs critères du « code génétique » de la théologie catholique : confessionnalité, rationalité, attention au sensus fidelium , à la Vérité universelle, et à la doctrine sociale de l’Église.

 

Pour la première fois, ce vendredi 7 décembre au Vatican, la session plénière de la Commission théologique internationale, chargée d’appuyer la réflexion théologique du pape, s’est réunie sous la direction de son nouveau président, Mgr Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et de son nouveau secrétaire général, le dominicain français Serge-Thomas Bonino.


À cette occasion, Benoît XVI a commenté, d’une plume manifestement personnelle, la dernière publication de la commission,  La théologie aujourd’hui. Prospectives, principes et critères  . L’occasion pour le pape de revenir sur les critères d’appréciation de la théologie catholique.

Tout d’abord, le « code génétique » de cette théologie, qui « garantit son unité dans la diversité de ses expressions » se résume en deux qualificatifs « indissociables » : « confessionnelle et rationnelle ». Et ce, précise le pape, « dans un contexte culturel où se multiplient les tentatives de priver la théologie d’un statut académique en raison de son lien intrinsèque avec la foi, ou de la détacher de sa dimension croyante et confessionnelle, au risque de la confondre avec les sciences religieuses ».

« Distinguer un sensus fidelium authentique de ses contrefaçons »

Benoît XVI est revenu longuement sur la notion de « sensus fidelium » . Il a rappelé que si le concile Vatican II avait insisté sur le rôle spécifique du magistère, il avait également souligné « que l’ensemble du Peuple de Dieu participe à la mission prophétique du Christ ». Benoît XVI voit dans le sensus fidei chez le croyant « une sorte d’instinct surnaturel qui a une connaturalité vitale avec l’objet même de la foi, un critère pour discerner si une vérité appartient ou non au dépôt vivant de la tradition apostolique ».


Pour autant, Benoît XVI encourage à « préciser les critères qui permettent de distinguer un sensus fidelium authentique de ses contrefaçons ». À cet égard, on ne peut l’envisager comme « une sorte d’opinion publique ecclésiale, et il n’est pas pensable de le citer pour contester les enseignements du Magistère, ce sensus fidei ne pouvant se développer authentiquement chez le croyant que dans la mesure où celui-ci participe pleinement à la vie de l’Église, et donc exige l’adhésion responsable à son magistère. »

« Le Seigneur réfute radicalement toute forme de violence et de haine »

Et c’est à ce « sens surnaturel de la foi des croyants » que le pape fait appel pour « réagir vigoureusement » contre l’idée selon laquelle « les religions monothéistes seraient intrinsèquement porteuses de violence, notamment en raison de leur prétention à croire en une vérité universelle ».


S’élevant contre un « polythéisme des valeurs », conforme à l’esprit d’une société démocratique pluraliste qui « garantirait la tolérance et la paix civile », Benoît XVI a affirmé vigoureusement : « Le Seigneur réfute radicalement toute forme de violence et de haine en vertu du primat absolu de l’Agapé (Amour) ».


Ce sont ainsi les « erreurs des hommes » qui sont à l’origine des violences apparemment religieuses. Allant plus loin, selon un de ses thèmes favoris, le pape estime que « lorsqu’est niée la possibilité pour tous de se référer à une vérité objective, le dialogue est rendu impossible et la violence, manifeste ou cachée, devient la règle des relations humaines. »

Enfin, Benoît XVI a confirmé que « la doctrine sociale de l’Église n’est pas un ajout extérieur à la doctrine de la foi, mais tire ses principes de fond des sources mêmes de la foi, afin de rendre effectif, dans la grande diversité des situations sociales, le commandement nouveau du Christ : “Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés” ».


Frédéric Mounier, à Rome

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