Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Le Bureau international du travail veut s’appuyer sur les religions

6 Mars 2012 , Rédigé par La Croix Publié dans #actualités

JOURNAL LACROIX du 6 mars

 

L’Organisation internationale du travail (OIT) a examiné les références au travail dans les textes issus des grandes religions.

 

Les valeurs promues par les grandes religions convergent lorsqu’elles concernent la justice sociale. C’est, en résumé, la démonstration déployée par le Bureau international du travail (BIT, organe exécutif de l’Organisation internationale du travail), dans un récent rapport d’une cinquantaine de pages précisément intitulé : « Convergences : travail décent et justice sociale dans les traditions religieuses ».  

 « Les communautés religieuses partagent la vie et les préoccupations de leurs fidèles. Pour elles, le travail est au centre de toute vie humaine »,  peut-on lire dès les premières pages du texte.

Encycliques pour les catholiques, conférences mondiales en faveur de la justice sociale pour les protestants, Sunna pour l’islam, Torah pour la tradition juive et enseignements du Siddhartha Gautama pour les bouddhistes sont ainsi passés au crible par les auteurs du rapport, qui y trouvent une justification des différentes valeurs défendues par le Bureau international du travail depuis sa création. 


Les grands principes du droit social dans les écrits religieux

Création d’emploi, dialogue social, refus du travail forcé ou du travail des enfants sont quelques-uns des cas successivement examinés. Évoquant la protection sociale, le rapport se réfère ainsi aux réformateurs du XVIe  siècle qui, déjà, « préconisaient la protection juridique des droits des travailleurs ».  Côté catholique, ils soulignent que « la sécurité sociale, dans sa forme traditionnelle, était assurée par la charité ».  

Puis vient la tradition islamique. « Le Coran expose une vision globale de la protection sociale :  “Adorez Dieu, sans rien lui associer ! Soyez bons envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, les voisins, qu’ils soient de sang ou éloignés, ainsi que vos compagnons de tous les jours.” » Enfin, les règles du Lévitique et du Deutéronome précèdent « le principe fondamental de l’interdépendance »  du bouddhisme, et donc les notions de solidarité et de protection sociale.

Certes, le rapport, réalisé avec le soutien du conseil pontifical Justice et Paix, du Conseil œcuménique des Églises et de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture, tient davantage de la compilation que de l’analyse. Mais avec ce consensus implicite sur le travail, le BIT cherche en fait à déployer de nouveaux moyens d’action pour mieux faire passer son message dans ses 183 États membres.

 


Mise en place de plateformes d’étude interreligieuses

 « Nous voulons surtout instaurer un climat de confiance avec les responsables religieux. Dans certaines parties du monde, dont l’Afrique, les communautés religieuses occupent une place très importante, parce qu’elles partagent la vie quotidienne des gens »,  explique le P. Pierre Martinot-Lagarde, jésuite, conseiller spécial pour les affaires socioreligieuses du Bureau. 

Et d’évoquer le Sénégal, où des responsables musulmans s’expriment désormais facilement sur les valeurs du travail. À Dakar, mais aussi au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie et au Chili, des plates-formes interreligieuses se sont réunies, sous l’égide du BIT. « Nous espérons la création de structures comme celles-ci dans d’autres pays »,  affirme le P. Martinot-Lagarde. « Ce rapport n’est que la première pierre d’un long travail à venir. »  

LOUP BESMOND DE SENNEVILLE

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :