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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Le cardinal Jaime Ortega révèle l'intervention du futur pape avant le conclave

27 Mars 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Journal La croix du 27 mars 2013

Le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, a révélé le contenu de l’intervention de Jorge Mario Bergoglio qui a contribué à la décision des cardinaux de l’élire pape quelques jours plus tard, a rapporté mercredi l’agence d’informations sur le Vatican, I.Media.


Au cours de cette intervention pendant des réunions préparatoires au conclave, les congrégations générales, celui qui allait devenir le pape François y souhaitait une Église qui puisse « sortir d’elle-même » pour aller jusque dans les "périphéries", une des idées fortes des interventions du nouveau pontife depuis son élection.


Normalement, le contenu des congrégations générales est tenu secret, mais de retour dans son diocèse, le cardinal cubain a affirmé à ses fidèles vouloir leur confier une « exclusivité presque absolue, la pensée du pape François sur (la) mission de l’Église ». Précisant le faire avec l’autorisation du nouveau pape argentin, le cardinal Ortega a lu entièrement le texte que lui avait remis à sa demande le cardinal Bergoglio au lendemain de son intervention improvisée puis retranscrite à son intention.


« Le cardinal Bergoglio a fait une intervention qui m’a semblé magistrale, éclairante, engageante et vraie », a affirmé le cardinal Ortega.


Une intervention qui avait « marqué les congrégations générales »

Dans son intervention, le futur pape assurait que l’Église devait « sortir d’elle-même et aller dans les périphéries », non seulement géographiques mais aussi aux « périphéries de l’existence », là où se trouvent le mal, l’injustice, la douleur. Il y fustigeait une « Église auto référentielle », prise dans un certain « narcissisme théologique » et préconisait des réformes capables de transformer l’Église « mondaine qui vit en elle-même, d’elle-même et pour elle-même » en une Église évangélisatrice.


Ces idées ont depuis largement été reprises dans ses interventions publiques en tant que pape, se présentant ainsi comme les grandes lignes du programme de son pontificat, alors que l’Église est confrontée à de nombreux défis, entre intrigues et soupçons de corruption à son sommet, sécularisation des sociétés occidentales ou persécution des chrétiens.

Peu après l’élection du pape, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, avait révélé qu’une intervention du cardinal Bergoglio avait « marqué les congrégations générales ». « Dans cette intervention, le futur pape a dit que l’Église ne sera vraiment l’Église du Christ que si elle ne se centre pas sur elle-même, sur ses problèmes, et qu’elle va à la rencontre des hommes et des femmes dont elle se sent loin », avait-il raconté.


« Nous attendions un pape spirituel, habité intérieurement, mais aussi un pasteur, et avec le cardinal Bergoglio nous avons senti que nous avions cet homme-là », avait ajouté l’archevêque de Bordeaux.


 

« On fait référence à l’évangélisation. C’est la raison d’être de l’Église

“La douce et réconfortante joie d’évangéliser”  (Paul VI)

C’est le même Jésus-Christ qui, de l’intérieur, nous pousse.


1 – Évangéliser suppose un zèle apostolique.


Évangéliser suppose que l’Église ait la liberté de sortir d’elle-même. L’Église est appelée à sortir d’elle-même pour aller jusqu’aux périphéries, pas seulement les périphéries géographiques, mais aussi les périphéries existentielles : là où réside le mystère du péché, de la douleur, des injustices, de l’ignorance et du mépris du religieux et de la pensée, là où résident toutes les misères.


2 – Quand l’Église ne sort pas d’elle-même pour évangéliser, elle devient son propre référentiel et donc tombe malade (cf. la femme courbée sur elle-même dans l’Évangile). Les maux qui, au fil du temps, naissent dans les institutions ecclésiales prennent racine dans cet autoréférencement, qui est une sorte de narcissisme théologique.


Dans l’Apocalypse, Jésus dit qu’il est à la porte et qu’il frappe à la porte. Évidemment, le texte se réfère au fait qu’il frappe depuis l’extérieur pour pouvoir entrer… Mais je pense aux moments où Jésus frappe de l’intérieur pour que nous le laissions sortir. L’Église autoréférentielle prétend retenir Jésus-Christ à l’intérieur d’elle-même et ne le laisse pas sortir.


3 – L’Église, quand elle est autoréférentielle, sans le savoir, croit qu’elle détient une lumière qui lui est propre ; elle néglige de viser le mysterium lunae et donc donne lieu à ce mal si grave qu’est la mondanité spirituelle (selon Lubac, c’est le pire mal qui peut survenir dans l’Église). Cela revient à vivre pour donner la gloire des uns aux autres.


Pour faire simple, il y a deux images de l’Église : l’Église évangélisatrice qui sort d’elle-même, « Dei Verbum religiose audiens et fidenter proclamans », ou l’Église mondaine qui se replie sur elle-même, d’elle-même, et pour elle-même.

Cela doit nous éclairer sur les changements et les réformes possibles qu’il est nécessaire de faire pour sauver les âmes.


4 – À propos du prochain pape : il faut un homme qui, partant de la contemplation de Jésus-Christ et de l’adoration de Jésus-Christ, aide l’Église à sortir d’elle-même pour aller jusqu’aux périphéries existentielles, qui l’aide à être la mère féconde, vivant de “la douce et réconfortante joie d’évangéliser”.  » 


  Source :   Église de Cuba    (traduction La Croix depuis l’original espagnol) et Avvenire pour l’image. 

 

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