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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Les conséquences de la laïcité à la française

8 Décembre 2012 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #Réflexions

Journal La croix du 7 décembre 2012
Le cardinal Angelo Scola met en cause les conséquences de la « laïcité à la française »

 

Dans son discours ouvrant l'année marquant les 1700 ans de l'Édit de Constantin, il a mis en cause une laïcité qui tend à imposer des limites à la liberté religieuse.

 

Le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan (Italie), s’est montré critique, jeudi 6 décembre, à l’égard de la « laïcité à la française ». Dans un discours prononcé dans la basilique Saint-Ambroise, pour l’année jubilaire marquant le 1700e anniversaire de l’Édit de Milan, le cardinal italien a souligné qu’un État marqué par ce type de laïcité, loin d’être vraiment « neutre », finit par exercer « un pouvoir négatif, marginalisateur, face aux autres identités présentes dans la société civile, particulièrement religieuses, les mettant à part de l’espace public. »


Évoquant l’Édit de Milan, promulgué en 313 par l’empereur Constantin et accordant la liberté de culte aux chrétiens, le cardinal a rappelé qu’il avait marqué la naissance de la liberté religieuse et de la laïcité de l’État. Mais aujourd’hui, a-t-il déploré dans son discours, « plus l’État impose des limites à la liberté religieuse, plus s’accroissent les tensions religieuses ».

 

À ses yeux, l’évolution des États démocratiques a modifié l’équilibre sur lequel reposait le pouvoir politique : « Des structures anthropologiques reconnues comme constitutives de l’expérience religieuse, comme la naissance, le mariage, la filiation, l’éducation, la mort, sont moins prises en compte au profit de processus de prise de décisions qui tendent à s’autojustifier de manière inconditionnelle. »


« Respect de la nature plurielle de la société »


À la racine de ce nouveau modèle politique, le modèle français de laïcité, fondé sur « l’idée d’indifférence des institutions politiques aux phénomènes religieux, définie en tant que neutralité ». Certes, à première vue, cette conception peut favoriser la liberté religieuse pour tous. Mais, regrette le cardinal Scola, « largement diffusée dans la culture juridique et politique de l’Europe », cette conception a fini par devenir « un modèle méfiant à l’encontre du phénomène religieux ».


D’où, aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, notamment européennes, une division profonde entre la culture sécularisée et les phénomènes religieux, bien plus qu’entre les croyants des diverses confessions. Finalement, « la juste et nécessaire non-confessionnalité de l’État a fini par dissimuler, sous l’idée de neutralité, le soutien de l’État à une vision du monde sans Dieu ».


Si la liberté religieuse ne se situe pas « au sommet de l’échelle des droits fondamentaux », « c’est toute l’échelle qui s’effondre », regrette le cardinal. Certes, il ne demande pas « un retour au passé », mais « le respect de la nature plurielle de la société, à partir du bien commun du vivre ensemble, pour le bien de tous ».


F. M., à Rome  

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