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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Les responsables chrétiens inquiets des tensions de la laïcité

8 Janvier 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

La Croix du 7 janvier 2012

 

Dans le cadre des traditionnelles cérémonies de vœux, le président de la République François Hollande doit recevoir ce soir les responsables des différents cultes en France

Cette cérémonie intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et l’Église catholique sur la question du mariage homosexuel

Interrogés par La Croix, les autres responsables chrétiens s’inquiètent de l’absence de débat (1)


L’Église catholique est-elle « ciblée » par le gouvernement ?

Si le gouvernement n’a pas l’intention de rallumer une « guerre laïque », sa stratégie est claire : faire du débat sociétal un débat religieux, en tentant de montrer que seule l’Église catholique serait contre son projet de « mariage pour tous », quand bien même les opposants (chez qui les catholiques sont certes nombreux) n’avancent pas des arguments d’abord religieux…

Président de la Fédération protestante, le pasteur Claude Baty n’est pas dupe de cette stratégie. « Le PS se sentant en difficulté sur la question du “mariage pour tous” déplace le combat sur des vieux principes d’un autre âge », confie-t-il à La Croix. Et de mettre en cause « la volonté d’un certain nombre de députés socialistes de déplacer le débat du strict sujet du mariage pour tous à l’ordre du jour à une confrontation avec les religions de manière générale ».


Pour autant, le pasteur Baty dit apprécier la manière habile dont l’Église catholique s’est positionnée, sans se laisser prendre dans les positions des traditionalistes ou celles des partisans du “mariage pour tous”. Pour lui, s’il y a eu une « libération de la parole », il l’attribue aux prises de position des catholiques, mais pas seulement : « Tout le monde y a contribué, car il y a une période où dès qu’on énonçait une position, on était taxé d’homophobie. On ne pouvait se laisser confisquer la parole ainsi. »


Pour lui, l’Église catholique n’est donc pas la seule visée : « Il a fallu nous défendre contre une volonté de certains socialistes de nous présenter comme le front des religions contre le mariage pour tous ». « Je me suis senti, à titre personnel, solidaire de l’Église catholique car tout le monde était attaqué, et spécialement les catholiques car ils font peur, étant encore assez puissants dans notre pays. » Solidarité aussi avec les évêques catholiques pour Carol Saba, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France qui rappelle que « nous n’avons cessé de demander un débat national, où toutes les strates de la société peuvent s’exprimer ».


Quels messages porteront les responsables chrétiens à François Hollande ?

Dans ce contexte difficile, les responsables chrétiens devraient plaider ce soir pour une laïcité plus apaisée. « Celle-ci implique un climat de confiance et d’apaisement entre religion et politique, des relations qui prennent en compte la possibilité et le droit des religions de s’exprimer sur les sujets de société. Et cela, de la manière dont elles l’entendent et dans le respect des règles de la laïcité et de la République », avance Carol Saba pour qui « ce n’est pas forcément ce climat qui prévaut en ce moment ».


De son côté, le pasteur Baty entend rappeler lui aussi la nécessité d’un « dialogue suivi sur toutes les questions de société ». « Avant d’annoncer des décisions qu’on n’est pas en mesure de tenir, il convient de réfléchir, de consulter les gens, comme ce qui se fait très bien pour le débat sur la fin de vie. » À ses yeux, « on ne peut annoncer des changements fondamentaux de société sans que les citoyens aient la possibilité de s’exprimer, d’autant qu’un grand nombre d’électeurs de François Hollande ont voté pour lui malgré certains points de son programme ».


Il s’agit bien, pour Carol Saba, d’un « problème de méthode ». « Ces difficultés engagent le fond de manière négative, regrette-t-il. Ce qui importe, c’est de réinstaller une coopération sur la durée, un large débat national qui tienne compte des uns et des autres. Depuis cet été, on court le risque d’un déni de dialogue véritable, un enchaînement qui monte vers le clash, qu’il faut en démocratie éviter. »


(1) Sollicités par La Croix, les responsables juifs et musulmans n’ont pas été en mesure de répondre.

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