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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Mariage pour tous: le marathon a débuté au Parlement

17 Janvier 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Journal La Croix du 17-01-13

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570 amendements, huit heures de discussions pour adopter un seul article, une opposition qui défend pied à pied ses amendements, et un président de commission au bord de la crise de nerfs : les débats sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe qui ont commencé mardi en commission des lois ont donné un avant-goût de la bataille qui se profile dans l’hémicycle à partir du 29 janvier.

L’essentiel de la discussion s’est concentré sur l’article 1, qui stipule que « le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe ». « C’est l’épreuve de vérité, c’est là le cœur de notre confrontation », a prévenu d’emblée la garde des sceaux, Christiane Taubira.

De fait, pour les députés de l’opposition, ouvrir le mariage et donc l’adoption aux homosexuels, c’est, comme l’a souligné l’ancien président UMP de la commission des lois Philippe Houillon, « consacrer une filiation issue de deux hommes ou de deux femmes ».

 

 « théorie des dominos » 

Un engrenage qui mène tout droit à la PMA et à la gestation pour autrui (GPA), ont regretté de nombreux élus. « C’est la théorie des dominos », a souligné Philippe Gosselin (UMP). « Ce texte est un cheval de Troyes », a renchéri le député UMP Guy Geoffroy, résumant le sentiment d’« un glissement du droit de l’enfant au droit à l’enfant », largement répandu à droite.

En face, la majorité et le gouvernement demeurent inflexibles. « Oui, nous ouvrons le mariage, y compris avec sa charge symbolique, et l’adoption aux couples homosexuels. Et oui, c’est un enjeu de civilisation » a répondu Christiane Taubira, à l’unisson des députés socialistes qui y voient une adaptation nécessaire aux évolutions de la société et accusent l’opposition de « déni de réalité ».  

 « Il n’y a pas d’un côté les défenseurs de la famille et de l’autre ses fossoyeurs », s’est défendu de son côté le député PS Matthias Fekl, soulignant que celle-ci n’avait pas été détruite « dans les pays qui ont décidé d’ouvrir le mariage aux homosexuels ».

La majorité a par ailleurs repoussé la proposition d’« alliance civile » avancée par des députés UMP et UDI. Cette union célébrée en mairie, accordant quasiment les mêmes droits notamment fiscaux et sociaux que le mariage, était soutenue par de nombreux élus de l’opposition qui avaient pourtant refusé l’union civile envisagée en 2007 par Nicolas Sarkozy. 


 « mariage Canada Dry » 

Une solution qui a, selon eux, l’avantage de « ne pas entrer dans le débat sur la filiation » et d’offrir « une porte de sortie » au gouvernement en permettant « de réconcilier les Français ». « On a eu tort de lier trois notions : l’union, la filiation et la parenté », a regretté Nathalie Kosciusko-Morizet, qui estime qu’il existe des solutions concrètes pour répondre aux problèmes des enfants. 

Qualifiée de « mariage Canada Dry », cette proposition a été fermement repoussée par le rapporteur Erwann Binet, pour qui « l’objet du texte n’est pas d’accorder des droits spécifiques qui créeraient une nouvelle discrimination mais bien d’ouvrir l’institution du mariage ».


Un article pour conserver les notions de père et de mère

Malgré des débats parfois houleux, le texte ne devrait toutefois pas être modifié à l’issue des travaux parlementaires. Seul changement important : un article-balai présenté par Erwann Binet permettrait de conserver les notions de « père » et « mère » ainsi que de « mari » et « femme » dans le code civil. 

 « Il s’agit d’un article qui laisse une faculté d’interprétation lorsqu’il s’agit de personnes de même sexe », explique-t-on à la commission des lois. Une modification importante puisqu’elle coupe l’herbe sous le pied de l’opposition, qui regrettait que le texte supprime « à 148 reprises » les mots de « père » et « mère » dans le code civil. Elle réduit également la taille du projet, qui devrait être ramené de 23 à une dizaine d’articles seulement.


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 Les sciences sociales à l’appui du « mariage pour tous » 

La sociologue Irène Théry devait rendre public mardi 16 janvier un document de 50 pages qui se présente comme une réponse argumentée de spécialistes des sciences sociales au rapport de l’Union des associations familiales (Unaf) défavorable au mariage homosexuel.

 

L’étude est signée par huit chercheurs de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) favorables au mariage homosexuel et à l’adoption, mais plus partagés sur la PMA. L’Académie des sciences morales et politiques, dont le secrétaire perpétuel est l’ancien ministre Xavier Darcos, rendra, elle, sa contribution sur le sujet prochainement. 


CÉLINE ROUDEN

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