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Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

L’enseignement catholique replacé au cœur du diocèse

19 Avril 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #Réflexions

Journal La Croix du 19 avril 2013

Adopté jeudi 18 avril par la Conférence des évêques de France réunie en assemblée plénière à Paris, le nouveau statut de l’enseignement catholique est une sorte de « cahier des charges » destiné à l’ensemble de ses acteurs.

Il traduit le regain d’intérêt pastoral des évêques pour ces établissements qui scolarisent 20 % des élèves en France.

Que contient ce nouveau statut ?

Certains y verront « une reprise en main », d’autres « un regain d’intérêt »… Toujours est-il que le nouveau statut de l’enseignement catholique, adopté jeudi 18 avril par la Conférence des évêques de France réunie en assemblée plénière à Paris, replace l’enseignement catholique au cœur de la pastorale diocésaine et accroît significativement la responsabilité de l’évêque à son égard. Il s’agit d’affirmer « la cohérence » – pour reprendre le mot du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon – entre l’identité catholique des établissements et le projet éducatif qui y est mis en œuvre, fondé sur une vision chrétienne de l’homme.

Sorte de « cahier des charges » destiné à l’ensemble des acteurs du secteur – personnel de direction, enseignants, parents, organismes gestionnaires, etc. –, ce texte de 55 pages comporte trois parties : les visées de l’enseignement catholique, ses principes généraux d’organisation et de fonctionnement, et enfin ses instances dirigeantes. Aride par certains aspects, il vise, résume un de ses auteurs, « à redonner du sens à l’enseignement catholique et à son organisation ».

Quel est le contexte ?

La réflexion sur « l’identité » de l’enseignement catholique s’est amorcée il y a près d’une dizaine d’années. Jusque-là, les évêques ne le considéraient pas comme un lieu de mission prioritaire et concentraient leurs efforts sur les aumôneries dans l’enseignement public, comme le reconnaît un bon connaisseur du secteur, qui ajoute aussitôt : « De son côté, l’enseignement catholique se portait très bien avec des contacts épisodiques avec son évêque ».

Au fil du temps, les premiers ont pris conscience de l’enjeu pastoral de ces établissements qui scolarisent 20 % des élèves. Signe de cette sollicitude pastorale, une commission épiscopale spécifique avait été créée, transformée l’an dernier en conseil. « Certains percevaient qu’il fallait, ici ou là, clarifier les choses, que davantage de conviction, de cohérence seraient bienvenu », expliquait jeudi après le vote, Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles, qui présidera ce Conseil jusqu’en juin, date à laquelle il sera remplacé par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, élu jeudi.

Du côté du Secrétariat général de l’enseignement catholique, la demande de contacts plus fréquents se faisait également sentir. « Ils nous disaient : nous sommes confrontés à des situations complexes, nous agissons en votre nom. Certains avaient parfois le sentiment, sinon d’un désintérêt, du moins d’un éloignement de la part des évêques », reconnaît Mgr Aumonier. D’autant que, sur le fond, les assises organisées à Évry (Essonne) en 2006 sur le thème « Changer de regard pour faire grandir la personne », sous la houlette de Paul Malartre, avaient poussé déjà professionnels et parents à s’interroger sur le sens et les finalités de l’acte éducatif.

Dès sa nomination comme secrétaire général en 2007, Éric de Labarre s’était donc vu confier la mission de rénover l’ancien statut de 1992. Un travail mené conjointement avec les évêques, et régulièrement soumis à leur approbation. En novembre 2011, le plan du statut et ses enjeux avaient été présentés aux évêques ; en mars 2012 sa première partie ; en novembre 2012 l’avant-projet d’ensemble. Hier, c’est l’ensemble du texte qu’ils ont adopté et qu’ils doivent remettre à l’enseignement catholique.

Que change le nouveau document ?

La durée des discussions entre évêques montre à quel point certains points – en apparence très techniques – étaient lourds de conséquences. Tous, en effet, ne partagent pas la même vision concernant le degré de leur implication, certains souhaitant manifestement être plus « interventionnistes » que d’autres, qui redoutent au contraire le surcroît de travail lié à ces nouvelles responsabilités.

Au final, l’évêque « présidera » désormais le comité directeur de l’enseignement catholique (alors qu’il « participait » à ses travaux jusque-là). Une solution a également été trouvée pour associer les évêques à l’échelon supérieur, celui du Comité académique de l’enseignement catholique, qui répond à la nécessité de traiter de plus en plus de décisions au niveau de l’académie, mais présente l’inconvénient de dépasser le seul échelon qui vaille dans l’Église : le diocèse…

Enfin, point très délicat, les chefs d’établissements – qu’ils soient diocésains ou congréganistes – seront nommés « après accord » de l’évêque. Interrogé sur l’instance qui aura le dernier mot en cas de conflit, Mgr Aumônier s’est borné à répondre que le cas ne « s’était jamais présenté » et que « le pire serait pour un évêque de ne plus reconnaître le caractère catholique d’un établissement de son diocèse… »

Quelle sera la mise en œuvre ?

L’idée, en associant davantage l’évêque aux décisions et à la vie des établissements, est de les impliquer, y compris dans les décisions les plus délicates, voire les plus polémiques : quels établissements ou quelles classes fermer et quels autres ouvrir ? Mais aussi quelle décision prendre face à un laïc en responsabilité dont la vie personnelle n’est plus en accord avec la doctrine de l’Église (divorcé par exemple) ? « Pour l’avenir de l’enseignement catholique, il est important que les évêques participent aux décisions, au nom des orientations pastorales de leur diocèse. L’enseignement catholique est-il un service d’Église, oui ou non ? », résume un spécialiste.

Pour autant, certains redoutent – au sein des congrégations enseignantes par exemple – des divergences en termes de recrutement des élèves, de type de pastorale proposée… « Il faut donner des normes qui soient bonnes, saines, sans être trop rudes. Mais il doit être possible de proposer dans les établissements ce que l’Église recommande », fait valoir le cardinal Barbarin. « Je n’imagine pas que les évêques interviendront sur tout, nuance un proche du dossier. Il y a un principe de subsidiarité dans l’Église. »

ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER

L’enseignement catholique replacé au cœur du diocèse

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