Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Archiprêtré de Phalsbourg  Communauté St Jean Baptiste des Portes d'Alsace

Le mouvement anti "mariage pour tous" pourrait perdurer

24 Mai 2013 , Rédigé par cathophalsbourg.over-blog.com Publié dans #actualités

Journal La Croix du 24 mai 2013

Inédit, le mouvement anti-« mariage pour tous » pourrait perdurer

Souvent comparée aux manifestations de 1984 pour l’école libre, la mobilisation massive contre le « mariage pour tous » est, en réalité, de nature différente. Loin des intérêts particuliers, elle s’attache à défendre une vision de l’homme.Ces ressorts très profonds laissent penser que le mouvement ne s’éteindra pas, sans que l’on puisse dire quelles formes précises il prendra à l’avenir.

Un mouvement « durable » : c’est le pari que fait la porte-parole de « La manif pour tous », Frigide Barjot, alors que la mobilisation de dimanche, à Paris, promet d’être massive. « Le dispositif est semblable à celui du 24 mars, quand nous avions mis plus d’un million de personnes dans la rue » , assure Albéric Dumont, coordinateur du collectif, qui précise que 11 trains spéciaux et près de 600 bus ont déjà été affrétés. L’organisation évoque aussi « une explosion du covoiturage ».

Sur le terrain, au sein des relais locaux, on l’assure aussi : en dépit de la promulgation de la loi, pas question de baisser les bras.

Quels sont les ressorts de cette mobilisation ?

Depuis l’automne, l’opposition à la loi Taubira ne cesse de surprendre par son ampleur et par sa durée. Au-delà de l’orientation politique que certains veulent lui donner, pour beaucoup de manifestants il s’agit d’un mouvement de fond. 17 novembre, 13 janvier, 24 mars, 21 avril, 5 mai… le mouvement ne s’est pas essoufflé. Partout les mêmes mots, la même ferveur.

« Nous ne défendons pas nos intérêts particuliers, mais une vision de l’homme, explique Antoine de Berranger, qui coordonne le mouvement dans la région Centre-Ouest.

Les gens sont très déterminés parce que l’enjeu est fondamental : faire en sorte que l’enfant ne soit pas privé de sa filiation, instrumentalisé pour satisfaire le désir des adultes. »

Au-delà de ce seul texte, le sentiment qui domine est que la société est en passe d’être bouleversée au profit de « l’individu-roi ». « La loi Taubira a provoqué une prise de conscience, des gens se sont dit : cela va trop loin, il faut s’engager », témoigne ainsi Frédéric Chavelet, directeur d’un établissement pour personnes handicapées en Indreet-Loire, qui a mis toute son énergie dans la bataille depuis novembre : rencontres, tractages, création de réseaux, etc.

« Il va durer parce qu’il dépasse l’agenda politique du moment » , confirme le philosophe Thibaud Collin.

Sous quelles formes ? à court et moyen terme, chercheurs et militants estiment que la capacité de mobilisation éprouvée dans cette bataille – notamment grâce aux réseaux sociaux – sera utilisée pour d’autres : ouverture de la procréation médicalement assistée, théorie du genre à l’école, suicide assisté, etc.

« Il y a une cohérence idéologique entre tous ces sujets, notre but est d’empêcher que l’on bouleverse d’autres repères » , insiste Matthieu Boullet, 24 ans, responsable des « veilleurs » de Tours. à plus long terme, Thibaud Collin croit à un regain du tissu associatif et à un travail éducatif plus profond, espérant que ceux qui se sont « éveillés » iront jusqu’au bout de leurs convictions. « La société bougera si cette génération en investit tous les rouages. Il ne suffit pas de se donner bonne conscience en manifestant, puis d’encourager son enfant à être analyste financier plutôt qu’enseignant, par exemple. »

En revanche, rares sont ceux qui croient à une traduction politique directe. « L’idée de transformer le mouvement en parti politique fera long feu » , estime Thibaud Collin. C’est aussi l’analyse de Brice Teinturier, qui nuance même la pression que pourrait exercer le collectif, à l’instar des récentes tentatives, contre la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris. « Les municipales ne se prêtent guère à la défense d’une vision de la société, les enjeux locaux priment. » Pour le directeur d’Ipsos, le mouvement jouera bien un rôle politique, mais plutôt comme « consolidateur des identités de droite et de gauche » .

Le mouvement anti "mariage pour tous" pourrait perdurer

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :